Introduction par Michaël Delafosse.
Je veux d’abord remercier Mike et l’équipe du Déclic pour leur accueil. Nous avons la volonté d’aller à la rencontre de tous les Montpelliérains, dans tous les quartiers. C’est le sens des réunions publiques que nous organisons.
Ce soir, je vous propose un temps structuré en trois moments : un point sur le bilan du mandat qui s’achève, la présentation des engagements pour la suite, puis un échange avec vous.
Je souhaite commencer par rappeler le contexte du mandat qui s’achève. Ce mandat a été marqué par une crise démocratique et financière, liée notamment à la flambée des prix de l’énergie. Il a aussi été un mandat de remise à niveau des infrastructures publiques. Aujourd’hui, la situation financière est maîtrisée.
Face à la crise démocratique que nous ressentons partout, il était essentiel de faire correspondre les engagements pris en 2020 avec les réalisations. C’est ce que nous avons fait.
Les engagements pris en 2020 ont été tenus :
- La connexion de la ligne 1 de tramway à la gare Sud de France.
- La mise en service de la ligne 5 de tramway.
- La création de nombreuses pistes cyclables.
- La mise en place de la gratuité des transports depuis le 21 décembre 2023.
- La fin du bidonville de Celleneuve, où des habitants vivaient dans des conditions indignes, et leur accompagnement vers une solution pérenne.
- Le soutien aux enseignants et aux enfants avec la sécurisation des chemins de l’école, végétalisation des cours, rues aux écoliers.
- La pose de la première pierre de l’école Ungerer–Kundera.
- La transformation des grandes places de la ville à la Comédie, l’Esplanade ou la place des Martyrs de la Résistance.
- La démolition de la tour d’Assas et de l’Arche Mercure, et l’engagement fort pour le quartier de la Mosson.
- La réouverture du bassin Neptune.
- La rénovation de la copropriété des Cévennes.
- La reconquête du vieux village de Celleneuve : transformation de la place Renaudel, de la rue Marcelin Albert et de l’avenue des Moulins.
Ces engagements tenus ont profondément transformé la ville.
Aujourd’hui, je suis candidat pour poursuivre cette transformation et je prends de nouveaux engagements pour Montpellier :
- Développer les transports en commun au travers des 4 nouvelles lignes de bustram.
- Réimplanter de grands services publics à l’ouest de la ville comme avec la construction de l’Hôtel des Sécurités et l’arrivée de 450 agents.
- Étendre le cinéma Nestor Burma, avec une programmation renforcée pour le jeune public.
- Poursuivre l’aménagement des places et des rues dans tous les quartiers, notamment la rénovation de l’église romane de Celleneuve et des places Jean-Baumel et Émile-Combes.
- Engager un travail de requalification commerciale pour favoriser l’installation de commerces de proximité et de commerces de bouche.
- Maintenir et renforcer le soutien aux associations.
- Mettre en œuvre un plan sport 2035 pour rénover les équipements sportifs, avec par exemple un nouveau dojo à la Mosson.
- Accompagner le développement économique des entreprises afin de créer de l’emploi local.
- Créer une antenne du CHU à la Mosson,
- Porter le contournement ouest de la ville et la ligne à grande vitesse, avec des chantiers générateurs d’emplois pour les habitants.
- Mettre en place un plan de marchabilité pour sécuriser les déplacements piétons et créer des trottoirs là où ils manquent.
Échanges avec la salle :
- L’endettement est soutenable, mais il est la source de beaucoup de critiques, qu’en est-t-il ? Quel est le symbole de la ville, l’équivalent de la Tour Eiffel de Paris ?
Michaël Delafosse : L’investissement nécessite parfois de recourir à la dette. C’est une dette saine lorsqu’elle sert des équipements durables. À la Métropole, l’endettement est de 12 ans et 4 mois et passera cette année à 11 ans et 9 mois, preuve que cela diminue et que la situation est maitrisée. Pour la Ville, il est de 6 ans et 6 mois.
Ces investissements ont permis de rattraper une dette « grise » liée au manque d’entretien des infrastructures. Il fallait par exemple rénover les rails de tramway pour la sécurité. Mais il fallait également s’occuper de notre patrimoine comme ce sera le cas du Stade de la Mosson et du Corum. Des rénovations qui auraient dû être faites il y a quelques années mais que l’on doit rattraper.
Nous portons également des projets qui sont financés par d’autres acteurs comme l’ANRU à la Mosson ou avec l’Europe. C’est aussi pour cela que nous valorisons une gouvernance apaisée avec les autres acteurs du territoire, afin de contribuer ensemble à l’investissement.
Pour ce qui est de la question du symbole, je pense que ce qui est iconique, c’est le nom de Montpellier. Il n’y aura pas de marque comme de nombreuses villes le font. Je pense qu’investir pour la beauté de la ville, des folies architecturales ou pour des oeuvres d’art sur les tramways rendent la ville plus singulière et attirante.
- La deuxième phase de travaux de Celleneuve est-elle certaine de voir le jour même si un autre Maire est élu ? La ligne 5 de tramway suscite des interrogations depuis son inauguration, quel sera son cadencement ?
Michaël Delafosse : Jusqu’au 15 mars, je serai Maire. Le prochain Maire pourra alors voter un budget dans lequel les travaux de Celleneuve figureront ou non. Je prends personnellement l’engagement de poursuivre le travail démarré à Celleneuve. Il faut demander aux autres candidats s’ils le souhaitent. Les services sont en tous cas prêts à cela.
Sur la ligne 5, la mise en service est progressive, elle doit se régler avec les feux notamment. Nous avons fait ce choix afin d’éviter les désagréments. Après les vacances de février, le cadencement passera à 10 minutes puis à 7-8 minutes en septembre.
Le travail continue pour les ingénieurs dans le but d’améliorer la fluidité du réseau, on entend les demandes de corrections qui sont liées à l’arrivée de la ligne 5.
Un autre engagement que je prends est l’amélioration du cadencement des lignes 2 et 3 en soirée. Afin que ce soit tous les quarts d’heure plutôt que toutes les 30 minutes. En journée, ce sera difficile de faire plus car l’aiguillage est déjà presque à sa capacité maximum. Les nouvelles rames déjà commandées permettront cela.
- Il y a beaucoup de trafic de drogue à Celleneuve, comment en venir à bout ?
Michaël Delafosse : Cette réponse ne peut pas provenir seulement du Maire malheureusement. Le narcotrafic est un phénomène très dangereux dans l’ensemble de notre pays. C’est un problème d’ordre national qui touche toutes les villes de France. Les Maires doivent agir dans le cadre des lois et des responsabilités qui leur sont donnés.
A Las Sorbes, nous avons démoli les commerces de façades et nous nous attaquerons ensuite à Eurydice. Il faut être très ferme sur le sujet. C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas se substituer à l’Etat ni lui rejeter l’entièreté de la faute. Il faut travailler ensemble. Cela passe par des opérations places nettes mais également, le passage du poste de police mobile, le zéro impunité dans le logement social. Bénéficier d’un logement social est une aide, quand un locataire est condamné pour trafic de drogue, nous l’expulsons.
Je propose aussi de doubler la vidéoprotection pour arriver à 1000 caméras.
Je pense qu’il faut agir du point de vue de la santé publique. Nous ferons au moins une fois par an des campagnes de prévention envers les acheteurs. C’est un engagement.
C’est le sens de notre arrêté pour la fermeture des épiceries de nuit à 22h, c’est un des moyens de la lutte.
- Les commerçants sont stigmatisés et de nombreux contrôles ont lieu dans nos commerces.
Michaël Delafosse : La loi est la même pour tous. Si vous vous sentez stigmatisé, il est important de porter plainte. Tous les citoyens sont égaux et ont des recours aux droits lorsque la loi n’est pas appliquée.
Sur les contrôles, il y aura des priorités de contrôle sur tous les commerces qui reçoivent du public. Notamment après les événements de Crans-Montana, c’est nécessaire. Les normes qui existent dans les commerces nous obligent à des contrôles, c’est normal. Tout comme il existe des contrôles dans les commerces afin de déceler des ventes illégales de cigarettes ou de protoxyde d’azote.
- Le nombre d’agents de la police municipale sera-t-il augmenté ? Des médiateurs seront-ils recrutés pour aider les jeunes?
Michaël Delafosse : Depuis 2020, 12 médiateurs ont été recrutés et l’objectif est d’en atteindre 30. Le nombre d’heures de Travaux d’intérêts Généraux a augmenté énormément depuis 2020 également.
Une autre mesure que nous appliquons lorsque les jeunes sont exclus des collèges et lycées, nous les prenons dans les Maisons Pour Tous le temps de la sanction afin que ce soit une sanction éducative.
Pour résumer, les engagements sont : 30 médiateurs, créer des espaces jeunes dans les Maisons Pour Tous et accompagner les candidatures de stage qui participent à l’inclusion des jeunes.
- Quel est le budget alloué à la sécurité ?
Michaël Delafosse : Des moyens, il y en a énormément. Nous avons recruté 58 nouveaux policiers municipaux, créé la Police Municipale des Transports de 42 agents et la brigade d’agents de tranquillité résidentielle pour l’habitat social de 43 agents. Soit un total de 143 recrutements. Nous avons également doublé le nombre de caméras de 234 à 490. Ce sont des engagements tenus. Les nouveaux engagements sont 100 nouveaux policiers municipaux mais aussi doubler le nombre de caméras. Ce seront des choix de budget d’abord que nous allouerons. Mais aussi de prévention.
- Il manque de mixité sociale dans la ville, que faire ?
Michaël Delafosse : Il y a un travail très important de rénovation du quartier de la Mosson.
Il faut combattre les phénomènes de ségrégation, c’est important. Il y a un principe qui prime, c’est l’égalité de tous.
Le commissariat a notamment été rénové afin de mieux accueillir les plaintes, dans un cadre plus respectueux. Les forces de police ont été formées à accueillir les plaintes pour discriminations. Le racisme est un venin pour notre société, nous luttons au maximum.
- Sur l’Avenue de la Liberté, il y a de nombreux bouchons depuis les travaux.
Michaël Delafosse : En 2019, chaque année 6000 nouvelles voitures arrivaient en ville. Il a fallu créer un chemin pour dire aux gens qui le peuvent de changer leurs habitudes.
Nous les avons aidés en sécurisant le vélo, en développant les transports en commun et devenant la plus grande ville européenne à les rendre gratuits.
Vous savez qu’il y a eu un drame sur l’Avenue de la Liberté et ce n’était pas la première fois. Sur ces endroits très accidentogènes nous avons dû aménager, c’est un devoir de Maire.
Il faut accompagner les changements. Je précise que je ne suis pas contre la voiture car de nombreuses personnes ne peuvent pas faire autrement. Il faut accompagner ceux qui le peuvent à changer.
Le contournement Ouest de Montpellier aidera également là-dessus, il permettra de faire le tour de la ville et de sortir le trafic de transit.
La ligne à Grande vitesse permettra également à de nombreuses personnes de venir travailler ou visiter Montpellier sans avoir besoin de prendre la voiture.
- En tant que président de la Métropole, que comptez-vous faire pour les élèves des villages qui manquent de transports en commun pour aller au Lycée ?
Michaël Delafosse : Le lycée de Cournonterral est une première réponse. Il va permettre d’éviter le flux de véhicules en ville mais également de rapprocher les élèves de leur établissement scolaire à l’ouest de la ville. La Métropole y a contribué et il entrera en fonction à la rentrée prochaine.
La ligne 4 de bustram permettra aussi de désenclaver cette partie de notre territoire avec un transport gratuit au cadencement similaire à celui d’un tram.
- Merci pour la gratuité des transports et la ligne 5. Quels engagements pour renforcer la proximité entre les associations et les habitants à Montpellier ?
Michaël Delafosse : Il est crucial de soutenir la vie associative. La crise budgétaire nationale rend difficile la clôture du budget, pourtant on ne baissera pas le budget destiné à aider les associations.
Il faut qu’on facilite la création de dossiers de demandes de subventions pour aider les bénévoles et continuer de donner l’envie de s’engager.
Le CAP jeune aidera aussi les jeunes qui veulent donner de leur temps au travers de budgets pour des projets.
Le conseil municipal des jeunes sera également transformé pour être plus agile et être véritablement partie prenante du travail sur le sujet.
Votre témoignage sur les transports est très gentil et me touche. Aider les jeunes à se déplacer librement, avec un moyen de transport écologique et leur permettre de rencontrer la ville est pour moi crucial.
La jeunesse est une chance pour Montpellier et nous devons répondre aux défis de l’avenir. Les défis de l’emploi, du vivre ensemble. C’est pour cela que l’on installe des bancs, que l’on rénove des places, que l’on met des concerts en plein air. Pour que les gens soient ensemble.
Conclusion.