Introduction par André Moutot.
Michaël Delafosse : C’est un temps que nous prenons pour parler du quartier et imaginer son évolution.
Pour cela, il faut poser le contexte du mandat actuel qui s’achève. On y a connu une crise démocratique et financière.
Une situation financière difficile où le prix de l’énergie est monté en flèche. C’était également un mandat important de remise à niveau des infrastructures publiques. La situation financière est désormais maitrisée.
Une crise démocratique, que l’on ressent dans le monde mais aussi dans notre pays. Pour redonner confiance dans les institutions, je pense qu’il y a besoin de faire correspondre les engagements et les réalisations. C’est pour cela que j’ai résolument avancé vers la réalisation de ce que j’avais promis en 2020.
L’engagement envers la gratuité des transports.
L’engagement pour la petite enfance, avec l’ouverture de la crèche Colette Zannettacci.
L’engagement dans le plan école 2030, avec des cours végétalisées, des rues aux écoliers, de nouvelles écoles construites.
L'engagement d’ajourner le projet de centre commercial Ode à la mer.
L’engagement à développer un espace public qui rassemble au travers de places, de bancs.
L’engagement de rééquilibrage de la ville vers l’ouest.
Ce sont des engagements tenus. Ils ont transformé la ville.
Afin de poursuivre cette transformation, je souhaite prendre de nouveaux engagements :
Je veux poursuivre le plan de développement du vélo.
Je veux mettre en place un véritable plan piéton, avec le développement de trottoirs et la sécurisation des trajets à pied.
Je veux continuer à créer des places qui rassemblent dans tous les quartiers de la ville, comme sur la place Émile-Combes ou la place Jean-Baumel.
Je veux adapter la ville au vieillissement, avec un plan anti-chutes et le recrutement de gardiens dans les immeubles.
Enfin, je veux continuer à développer économiquement Montpellier, en aidant et en attirant les entreprises afin de créer 30 000 emplois supplémentaires. La création d’un office foncier commercial, pour soutenir le commerce de proximité, y contribuera pleinement.
Echanges avec la salle :
- Nathalie Oziol promet de mieux s’occuper des quartiers populaires, quel est votre projet pour eux ? Qu’est-il prévu pour le stade de la Mosson ?
Michaël Delafosse : Je tiens à dire qu’il est injuste de reprocher à notre majorité un manque d’engagement envers les quartiers populaires.
Au Val de Croze, tous les logements sociaux ont été rénovés, ce qui permet aux habitants de faire des économies d’énergie. Un travail important a également été mené sur l’espace public pour améliorer le quotidien de chacun.
Aux Cévennes, dans cette grande copropriété, le réaménagement a commencé. Cela a pris plus de temps car il s’agit de parcelles privées, mais des financements de l’ANRU ont été obtenus pour travailler la copropriété et transformer l’espace public.
À la Paillade, nous avons porté une ambition forte qui passe par la démolition de la tour d’Assas et de l’arche Mercure, la lutte contre les marchands de sommeil à Font Del Rey, la construction de l’école Hypatie ou la rénovation de la piscine Neptune. L’objectif est clair, ouvrir ce quartier sur le reste de la ville.
Concernant le stade, le président Nicollin portait un projet de stade privé. Le montage financier n’était plus soutenable et il a fallu agir avec responsabilité. Le stade de la Mosson sera donc rénové avec la mise hors d’eau, l’amélioration de l’accueil, la modernisation de l’équipement.
Les abords du stade seront transformés, avec l’installation des services des impôts, représentant 240 emplois, ainsi que l’implantation d’une antenne du CHU. L’objectif est de faire venir des agents publics qui feront vivre les commerces du quartier.
Les berges de la Mosson seront également aménagées pour devenir un lieu de promenade.
C’est un processus de long terme, qui engage toute la ville dans un esprit de solidarité.
- Dans la rue Lakanal, plus de 7000 voitures passent chaque jour, quel est le futur plan de circulation et réduira-t-il le trafic de transit ? Un programme de marchabilité aura t-il lieu sur ce lieu ?
Michaël Delafosse : Changer un plan de circulation, j’ai déjà montré que j’avais le courage de le faire quand cela améliore le quotidien des Montpelliérains. Sur la rue Lakanal, c’est un sujet que je prends très à cœur. Il faut toutefois préserver des équilibres et sortir le trafic de transit tout en permettant à celles et ceux qui ont besoin de leur voiture de se déplacer.
Un travail important sera mené en priorité sur le bas du faubourg de Boutonnet mais la rue Lakanal est bien identifiée.
Il est important de modifier le comportement des gens afin qu’ils se tournent vers les transports en commun. C’est pourquoi il faut développer le réseau comme nous l’avons fait avec la cinquième ligne de tramway. Le développement des bustrams viendra également renforcer l’offre de transports en commun et accompagner ces évolutions.
- La Cité Bergère est menacée, vous avez fait de grands efforts sur les espaces verts en ville, qu’allez vous faire pour la protéger ?
Michaël Delafosse : Je tiens tout d’abord à rappeler que nous sommes venus de nombreuses fois sur le site et avons reçu les collectifs pour dialoguer.
Le premier projet immobilier prévoyait de construire sur l’intégralité de la parcelle. Grâce au nouveau PLUI, l’espace est désormais en grande partie protégé. C’est une grande modification puisqu’une grande partie de la parcelle est désormais inconstructible, ce qui représente une perte financière pour les propriétaires.
La Ville s’est portée acquéreur de la parcelle agricole, mais les propriétaires ont refusé.
Aujourd’hui, nous ne pouvons pas préempter davantage. Voilà où nous en sommes.
Dans le PLUI, au total, 100 hectares ont été rendus inconstructibles. C’est une véritable réussite.
- Au bout de la rue Lakanal, les parents des collégiens bouchent la circulation ou se garent sur les trottoirs lorsqu’ils vont chercher et déposer leurs enfants qu’est-il possible de faire ?
Michaël Delafosse : Nous avons développé le réseau de caméras afin de lutter et sanctionner les comportements qui nuisent aux autres habitants et notamment les piétons qui sont plus fragiles. Il est également indispensable de dialoguer avec les équipes des établissements pour réduire ce phénomène comme nous l’avons déjà fait dans le passé à Simone Veil par exemple.
- Les services publics sont très demandés et dans le même temps de nombreux lieux se dégradent, comment aménager ces lieux et améliorer le service public ?
Michaël Delafosse : Les services publics sont très fréquentés, c’est une bonne nouvelle. Mais nous devons agir pour pouvoir accueillir dans les meilleures conditions tout ce public.
Je m’engage par exemple à ce que l’on rénove le gymnase César Canetta qui accueille le club de volley qui a de plus en plus de licenciés. Ses éducateurs font un travail formidable et ils ne doivent pas être obligés de refuser des licenciés à cause des infrastructures.
Sur le site des archives départementales, ça a été un grand travail autour du squat afin d’accompagner toutes les personnes. Nous y défendrons un projet culturel racontant l’histoire de notre ville, une sorte de Musée de l’histoire de Montpellier.
Je souhaite également que l’on ouvre l’école des beaux-arts sur le quartier. Il faut que chacun puisse aller voir car il y a une remarquable galerie et une école formidable. Il faut que cela devienne un lieu d’exposition à part entière avec sa programmation, ses vernissages, avec un parvis accueillant et redessiné.
Sur la chapelle des Récollets, il faut que l’on trouve un usage sans avoir à accueillir du public car il y a quelques problèmes avec le bâti.
Sur le projet du Lunaret, on a préempté pour aider le commerce de proximité.
- Où en est le projet du stade du lieutenant Normand ? La montée vers le Corum est difficile avec des ascenseurs en panne, quels sont les projets ?
Michaël Delafosse : Sur les ascenseurs, ils sont aujourd’hui gérés par un service de la Mairie. Mais l’objectif est, à terme, de mutualiser les équipes avec d’autres structures comme Altemed qui ont l’habitude de s’occuper des ascenseurs.
Concernant le stade, le terrain appartient à la Rectrice. Après dialogue, nous en avons récupéré l’usage. Les aménagements sont en cours et, à l’horizon 2028, le site sera ouvert au quartier et aux clubs, à condition qu’ils favorisent la féminisation et la pratique pour toutes et tous.
C’est la même logique que nous souhaitons engager pour les terrains du lycée Joffre qui resteront réservés aux scolaires la journée mais que l’on souhaite ouvrir aux habitants.
- Quel est le projet autour du terrain du Père Prévost ?
Michaël Delafosse : Il y a eu de nombreuses discussions autour de cet espace. Une chose est certaine, ce terrain restera dédié au sport.
Soit il sera rénové pour le football, soit il accueillera d’autres pratiques sportives, mais il n’y aura rien d’autre que du sport sur cette parcelle. Nous souhaitons observer les usages afin de l’adapter. De nombreux sports sont très populaires à Montpellier comme les paniers de basket ou le tennis de table.
Un grand plan de rénovation des infrastructures sportives est d’ailleurs engagé jusqu’en 2035.
Je veux aussi rappeler le rôle fondamental des éducateurs sportifs, qui accompagnent les jeunes, transmettent des repères et participent à la construction du rapport à l’autre, à la règle et au corps.
- Bravo pour votre volonté de rénover le stade de la Mosson. Je vous remercie également pour la gratuité des transports.
Michaël Delafosse : Je vous remercie d’abord pour vos mots. Pour de nombreuses personnes, la gratuité a permis de lutter contre le non-recours aux droits. Cette mesure est simple, lisible pour tous et elle permet à chacun de se déplacer.
J’en profite pour réaffirmer que c’est un engagement qui est tenable, qui fonctionne et qui change véritablement la vie des gens. Je vous rassure sur sa viabilité financière. Elle est financée par une recette fiscale qui s’appelle le versement mobilités qui est payé par toutes les entreprises de plus de 11 employés. En 2019, nous recevions 94 millions, c’est aujourd’hui 126. Cette différence s’explique par le dynamisme de notre territoire et nous permet de financer cette gratuité.
Nous pouvons aussi continuer de développer l’offre de transports. Cela permettra de faire sortir le tram de la métropole mais également de développer le système de bustram.
Le stade de la Mosson contribue à créer un sentiment d’appartenance à la ville, qui fait partie de notre mémoire collective. Il faut que l’on fixe cette mémoire. Il rejoint le projet de musée des mémoires dont on parlait plut tôt.
- Les cyclistes ne respectent pas le code de la route, que faire ?
Michaël Delafosse : Je souhaite d’abord affirmer que notre liste regroupe des personnes de sensibilités différentes mais qui se rejoignent sur nos convictions de gauche. Cette liste n’est pas encore terminée, elle doit aussi se renouveler, être à l’image de la ville.
Cela me permet d’affirmer que les Montpelliérains doivent partager la voirie. A ce titre, le travail engagé à Charles Flahaut est un bel exemple. La voirie est partagée entre tous les usagers et nous avons même réussi à végétaliser l’espace.
On interdit également les trottinettes dans certaines zones et on fait passer les cyclistes au pas. Je suis convaincu qu’il faut continuer de donner une place aux piétons.
Mais la réponse ne peut pas être uniquement réglementaire. Il faut aussi adapter la ville. Cela passe par la création de trottoirs larges et continus, respectueux des piétons et sécurisants, notamment pour les enfants, les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite. Trop de rues à Montpellier restent aujourd’hui dépourvues de trottoirs. C’est un chantier complexe, parfois contraint par les plans de circulation, mais indispensable.
La transformation de la rue du Professeur Forgues est un exemple de cette transformation.
Sur les règles, en société ce n’est pas la loi du plus fort mais il faut prendre soin des plus fragiles.
Conclusion.